La respiration Kapalabhati : une respiration fondamentale

Un squelette d'enseignement

« Tous ceux qui respirent peuvent faire du yoga », comme l’a dit Desikachar.

On ne le répètera jamais assez : la respiration fait intrinsèquement partie de la pratique du yoga. Il est facile de se laisser distraire par l’enchaînement des asanas lors d’une séance de yoga. Qui n’a jamais retenu sa respiration lors d’un exercice intense, comme par exemple la posture du bateau, ou d’un étirement profond comme Parsvottanasana ? Toutefois, c’est votre respiration yogique – ou Prayanama - qui rythme votre pratique et agit comme un moteur.

Il existe plusieurs façons de respirer. Nous bordons aujourd’hui le sujet de la respiration du feu, ou Kapalabhati.

Qu’est-ce que le Kapalabhati

Le Kapalabhati est une technique de respiration. En sanscrit, son nom se traduit par « crȃne qui brille ». En effet, la respiration du feu est également le sixième kriyas dans la tradition du Hatha yoga et de l’ayurveda. Elle permettrait en effet de détoxifier le corps et l’esprit.

Elle est un élément essentiel de la pratique du yoga Kundalini. Contrairement à d’autres techniques respiratoires utilisées lors d’une séance de yoga ou de méditation, le Kapalabhati se caractérise par une phase d’inspiration longue et passive, suivie d’une phase d’expiration active et rapide.

Les bienfaits de la respiration du feu

Pratiquer la respiration du feu engendre de nombreux bienfaits, tant physiologiques que mentaux.

Du point de vue physique, le Kapalabhati stimule le métabolisme et permet d’activer la circulation sanguine. C’est également un excellent exercice pour le système respiratoire, qu’il purifie et détoxifie, notamment en améliorant la souplesse et la capacité des différents muscles et organes engagés dans la respiration : poumons, diaphragme, et sangle abdominale. En massant les organes internes (foie et vésicule biliaire, estomac, pancréas, les intestins, etc.), la respiration du feu permet aussi d’améliorer la digestion.

Les bénéfices de la pratique du Kapalabhati sont également nombreux du point de vue mental. Elle permet d’augmenter ses niveaux d’énergie ainsi que de lutter contre le stress et la dépression. La respiration du feu aide aussi à augmenter la lucidité mentale, et donc d’accéder plus facilement à un sentiment de plénitude et de sérénité. Ce serait ainsi un outil redoutable pour lutter contre les addictions et impulsions de dépendance.

Enfin, selon la tradition du yoga Kundalini, la respiration du feu permet aussi d’activer le chakra racine.

Quand réaliser le Kapalabhati ?

Le Kapalabhati est un exercice d’échauffement très énergique. Par conséquent, il est préférable d’éviter sa pratique au moment du coucher. Il est aussi recommandé de le pratiquer à jeun ou du moins en dehors des périodes de digestion.

De part sa nature, c’est un excellent moyen de commencer sa journée ou même de se préparer pour votre séance de yoga. Vous pouvez également profiter de la lucidité qu’il apporte en amont ou en accompagnement d’une séance de méditation.

Enfin, la respiration du feu est très utilisée lors de certaines séances de yoga, notamment de yoga Kundalini.

Un groupe de personnes mangeant un repas sur une table

Comment réaliser la respiration du feu ?

Pratiquer la respiration du feu est un exercice relativement simple, mais qui peut demander de la pratique pour certains. Lors de vos premières séances, faites-vous accompagné-e par un professeur de yoga qui saura vous guider et vous rassurer.

Commencez la pratique du Kapalabhati assis-e dans une position confortable (lotus ou semi-lotus par exemple), le dos bien droit et les hanches fermement ancrées au sol. Votre visage, votre poitrine, et le reste de votre corps doivent rester détendus et les épaules dégagées. Vous pouvez poser une main sur votre abdomen afin de vous aider à mieux percevoir les mouvements de votre corps lors des premières tentatives.

Inspirez longuement par le nez de façon naturelle. Votre ventre se gonflera alors d’air.

Expirez rapidement par le nez par petites bouffées énergiques sans toutefois forcer, jusqu’à ce que vos poumons soient vides. Contractez votre diaphragme en poussant votre abdomen vers la colonne vertébrale. Vous inspirerez alors naturellement. Le rythme de votre respiration doit être assez rapide (deux à trois respirations par minutes).

Essayez de ne pas forcer vos muscles afin d’éviter des maux tels que points de côté ou douleurs lombaires. Il est possible que vous vous sentiez aussi légèrement étourdis. Pour les débutants, commencez par paliers de deux à trois minutes. Au fur et à mesure de votre pratique, votre capacité pulmonaire augmentera et vous pourrez tenir cet exercice jusqu’à vingt minutes.

Comme pour toute pratique yogique, il est très important de ne pas forcer le processus et d’arrêter immédiatement en cas d’inconfort.

Image illustrant la respiration du feu

Les précautions à prendre

Le Kapalabhati est déconseillé aux femmes enceintes ou au moment de leurs règles. Il est à éviter également si vous vous sentez fiévreux-se ou si vous souffrez de problèmes de tension, cardiaque, ou du système pulmonaire. Consultez toujours votre médecin avant de commencer un nouvel exercice et écoutez votre corps en cas d’inconfort.

Une personne triste

Nous espérons que cet article sur la respiration du feu vous aura plu ! N’hésitez pas à consulter notre blog pour en apprendre davantage sur les différentes pratiques et formes de yoga.